Depuis le Moyen Âge, tous les ménestrels du monde relatent les aventures du roi Arthur et de ses chevaliers qui se concentrèrent à la conquête du Graal. Pour se faire reconnaître, ce héros défia les dieux en retirant l’épée de son rocher.
Je vais vous raconter celle d’un autre Arthur, chevalier des temps modernes, et la quête qu’il entreprit pour trouver son graal et la renonciation de celui-ci pour pouvoir indiquer aux siens le chemin pour y arriver.
Comme son homonyme, l’Arthur dont je vous parle est connu par son intrépidité. Pour lui, la vie est un grand terrain de jeu où tout est bon à prendre. Organisé et énergique, il est également très audacieux. Il décida, pour se faire reconnaître, de défier la gravité. Pour ce faire, il décida de faire une descente dont le degré de pente était impressionnant en vélo, avec un vent dans le dos – exploit qui refroidirait les plus casse-cous. Après avoir choisi une « piste noire » cotée 15, il s’élança sans hésiter sur cette pente avec toute sa fougue, comme les chevaliers d’antan lors des tournois pour éblouir une belle ou accroître leur renommée. Mais nul ne connaît le dessein des dieux et n’est à l’abri de leurs caprices. Son destrier à deux roues butta sur un caillou et notre héros tomba, après un magnifique vol plané rempli de gestes acrobatiques que seuls les plus grands arrivent à faire, et perdit ses sens.
Quand il revint à lui, il découvrit qu’il errait dans un monde inconnu rempli de cris, de pleurs, de fantômes et d’esprits errants enveloppés d’une brume épaisse, humide et froide, d’où peu d’hommes sont revenus. Ayant la bougeotte, et du fait de sa soif de découvertes et d’aventures, Arthur accepta cette nouvelle quête. Étant néanmoins un garçon mesuré, avec la tête sur les épaules, il étudia les diverses possibilités qui s’offraient à lui. D’un côté, un rouge flamboyant dans lequel sortaient rires déments et cris perçants qui vous glaçaient le sang. De l’autre, une lumière blanche éclatante d’où une musique douce et reposante s’échappait. Il décida de se tourner vers la seconde. Est-ce parce que le blanc est lié à son prénom ? Est-ce que la distance était la plus courte ? Est-ce par pur hasard ? Est-ce parce que Saint Michel est venu le rencontrer ? Est-ce par envie ? Nul ne saura jamais ses motivations. Il traversa donc ses limbes remplis de ces êtres errants, repoussant ses mauvais génies, oubliant ses colères, ses frustrations qui le retenaient prisonnier et l’attiraient de l’autre côté. Et plus il avançait, et plus il se sentait grandi et en harmonie, en gardant toutefois son humilité reconnue de tous. Arrivé dans un endroit magique, inconnu de tous, il sut tout de suite qu’il avait fini sa quête et qu’il avait son graal : l’Amour avec un grand A.
Mais l’absence de ses parents, qu’il chérit plus que tout, le rendait insatisfait de cette quête réussie et l’obsédait. Alors, renonçant à son graal pour l’amour de ses parents, il retourna sur ses pas et reprit le chemin vers les vivants. Il se réveilla entouré des siens sur un lit d’hôpital. De son épopée, il ne se rappela rien. Seules des douleurs que les dieux lui donnèrent pour lui rappeler régulièrement cette quête à laquelle il renonça temporairement, et qu’il devra poursuivre plus tard, et le trésor qui l’attendait.
Ainsi se finit ce récit d’Arthur, l’« homme Pierre » ou « l’aigle du dieu Thor », qui défia la mort pour l’amour des siens.